Ils parlent de nous !

Sur scène, les douleurs, les petits maux de Dorothy Parker sont extraits de leur jardin secret ; ils s’ouvrent, s’approprient l’espace et vont à la rencontre de l’auditoire. Amour, haine, amitiés, ces déclarations acerbes et minaudées qui semblent avoir été mille fois tournées et retournées avant de sortir, vont et viennent, parfois violentes, parfois si faibles. Le jeu leur donne un corps, et la musique un souffle. C’est alors que le texte se met à gambader, à sauter et gesticuler. Les indélicatesses sont délivrées, les réponses cinglent, et la solitude de Dorothy se répand.

Benoit Blanchard
plasticien et redacteur de la revue Oeuvres


Un bar, un soir. Ambiance feutrée dans les années 30. Un pianiste pianote et ELLE apparaît. La coiffe austère et le nez coincé entre ses lunettes, Dorothy Parker papote accoudée au comptoir. Un verre de scotch, puis deux : elle est éméchée et sa verve s’active. Trois verres de scotch, puis quatre : la voici grise, le chignon relâché. Cinq verres de scotch puis une infinité : Dorothy perd pied et sombre dans la mélancolie.Face à un piano jazzy qui dialogue avec elle, la poétesse désabusée peste contre tout : les femmes au foyer l’irritent, les miss-je-sais-tout l’agacent, elle n’aime pas les monsieur-muscles et se moque des âmes sensibles. De sa prose assassine, elle descend férocement la société qui l’entoure avant de prendre place à table parmi deux inconnus. Entre un voisin de gauche qui lui tourne le dos et un second de droite qui lui parle de légumineuses, elle s’ennuie à mourir, regrette d’être venue et finit par se saouler au Chablis. Acceptant contre sa volonté de danser une valse, elle disjoncte soudain et commence à se remettre en question : la platitude de sa vie, sa solitude, sa lâcheté, ses faiblesses, tout y passe avec cynisme et amertume. Résolument corrosive, elle achève sa soirée en criant également sa haine contre le théâtre : aberrante complainte qui traduit parfaitement le mal-être de cette femme lorsque l’on sait que Miss Parker fut l’une des plus fameuses critiques théâtrales du New Yorker ! Malgré l’aspect dépareillé de la pièce, on salue la performance de Mélodie Etxeandia qui offre à son public un monologue caustique et désillusionné. Cette actrice a du cran, de la gouaille et une endurance scénique impressionnante. On aimerait la découvrir à travers d’autres registres. (…)

Florence Gopikian Yérémian , le 29 mai 2013
Bscnews.fr


  (…) hier, j’ai découvert d’un coup deux femmes extraordinaires : Mélodie Etxeandia (l’interprète) et Dorothy Parker (l’auteur dont les textes ont servi de base au spectacle). (…)Tout ce que j’ai lu, c’est que la comédienne allait réciter ces textes accompagnée d’un pianiste (Antoine Karacostas). J’y suis allée à l’aveugle donc, envie de prendre un risque.

Et le moins que je puisse dire, c’est que j’ai bien fait. L’ambiance intimiste renforcée par l’éclairage, qui ressemble tant à celle du café clandestin servant de décor à la première scène, l’humour caustique de Dorothy Parker, aux accents typiquement british pouvant surprendre si l’on considère qu’elle vivait à New York, le mélange piano-voix et surtout le talent de l’interprète, tout me plaît. Je suis conquise, subjuguée, je ne cesse pratiquement pas de sourire, voire de rire. Les scènes se succèdent et rien ne dément mon enthousiasme. Ce rendez-vous avec un homme dans le café clandestin d’abord, avec cette façon  inégalable qu’a Dorothy de débiner sa rivale, ce regard si amusant porté sur les dîners mondains où l’on se retrouve mal placée. Et puis ces deux tableaux qui se succèdent, « je déteste les femmes » et « je hais les hommes », qui, sur un ton bien différent de celui des sketchs bien connus de Florence Foresti, sont tout aussi remarquables. J’en passe volontairement sous silence, pour louer le bouquet final, ce texte sur le théâtre et certaines de ses pièces atroces et trop longues, dans laquelle la spectatrice assidue que je suis n’a cessé de s’esclaffer.
Je ne suis sans doute pas objective, aimant les ambiances un peu jazzy, admirant les actrices de talent, capables de réciter leur texte en s’amusant, sans un seul trou de mémoire, et de vivre pleinement leur personnage comme c’est le cas ici, appréciant le piano, et adorant ce regard caustique de l’humour anglais. Mais peu importe, j’ai aimé passionnément, et je ne peux que vous inciter à aller découvrir par vous-même. Moi, je suis fan, et je ne vais sans doute pas tarder à commander l’intégrale des écrits de Dorothy Parker…

Plumechocolat le 20 Mai 2013





Des spectateurs parlent de Qui m’aime me nuise …

 

«J’ai adoré ce spectacle ! Quel beau travail ! Union parfaite entre ces textes cinglants, drôles et justes et l’énorme talent du pianiste ! J’ai trouvé le spectacle envoutant… cette atmosphère cabaret dans cette cave parisienne… Conquise ! J’espère que d’autres représentations auront lieu.»

«La merveilleuse interprétation de la comédienne ainsi que l’originalité de la mise en scène par le parallèle entre la musique et les textes m’ont permis de découvrir le cynisme cinglant et très drôle de cette auteure. Ne connaissant que très peu les textes de Dorothy Parker, cette soirée m’a donné envie de m’y intéresser de plus près.»

«Quel bon moment passé hier. Je ne connaissais pas vraiment D.Parker avant d’y aller et je suis ravi de l’avoir découvert dans ce contexte. la comedienne nous dit le texte, et nous emporte dans l’acidité de Parker, avec une musique ennivrante qui rythme parfaitement bien ce grand debit verbal. Mise en scène extrêmement simple et efficace. Ça fait du bien de rire avec autant de réalité et de cynisme.»

«C’est dans une bulle dont on ne veut plus sortir que nous fait pénétrer Mélodie Etxeandia sur des textes qui résonnent encore une semaine après. La mise en scène, l’univers et la musique donnent aux mots une dimension extraordinaire. Surprenant comédienne qui manie l’univers de Parker avec beaucoup de subtilité et de cynisme. On en redemande !»

«Je suis allée à la deuxième représentation avec un public intimiste… Très bon moment : répliques à la fois poétiques et cinglantes ; actrice délurée et pianiste jazzy ; le tout emprunt du terrible réalisme ! Vous ne serez pas déçus !»

«J’ai passé un excellent moment en présence d’une délicieuse comédienne dans une ambiance Jazz créée par un excellent pianiste. On rit beaucoup, on ne voit pas passer le temps et on aimerait que ça dure plus ! Bref, à consommer sans modération !»

«Un petit régal de recueil de textes de la reine du cynisme Dorothy Parker ! L’atmosphère jazzy du lieu et de la mise en scène nous plonge directement dans cette Amérique de la prohibition où moeurs légères et conventions tentaient de faire bon ménage. Le cynisme des textes est parfaitement interprété par la comédienne et le piano harmonise brillamment sa voix.»

«J’ai été ravie de découvrir les textes de Dorothy Parker et cette ambiance piano voix m’a envoûtée. Bravo aux deux interprètes pour cette partition sans fausse note. Allez-y!»